Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Il y a 250 ans, La naissance du Marquis de Lafayette, “héros des deux mondes”.

Il y a 250 ans, le 6 septembre 1757, Marie Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, plus connu sous le nom de marquis de Lafayette, naît au château de Chavagniac en Haute-Loire. Orphelin dès l‘âge de 13 ans, ce jeune noble issu d’une ancienne et illustre famille d’Auvergne, dont la carrière sera longue et mouvementée, demeure pour la postérité le héros de l’indépendance américaine. Toutefois cela ne doit pas faire oublier qu’il reste une figure emblématique des révolutions de 1789 et de 1830. Il lutta toute sa vie pour le respect de ses convictions, et pour la défense d’un seul idéal: la Liberté, ce qui en fit un homme politique rare et attachant.

Le héros français de l’indépendance américaine.

Jeune homme fortuné et de bonne naissance, le marquis de Lafayette débute une carrière militaire au service des mousquetaires Noirs du Roi. Promu capitaine à 17 ans, il épouse en 1774 Adrienne de Noailles, fille d’un Pair de France. Fidèle aux idéaux de liberté, l’annonce de la déclaration d’indépendance des colonies anglaises d’Amérique, le 4 juillet 1776 et la nouvelle des désastres essuyés par les insurgés devant New-York le décident à se battre aux côtés de cette jeune nation. Malgré l’opposition de sa famille et du roi Louis XVI, il fait armer un navire dénommé significativement “La Victoire” et s’embarque pour l’Amérique. Ayant gagné la confiance des membres du Congrès, adopté par Georges Washington, Lafayette obtient le titre de major général. Bien que blessé à la bataille de Brandywine, où il combat avec bravoure, il se voit attribuer le commandement de la division des volontaires de Virginie, à la tête de laquelle, il se couvre de gloire. Après la victoire de Saratoga, la popularité qu’il acquiert en France contribue à la conclusion du traîté franco-américain de février 1778. De retour en France, l’année suivante, il obtient du Roi l’envoi d’un corps expéditionnaire aux Etats-Unis (1780). Débarqué de l’ “Hermione”, le commandant Lafayette participe à la capitulation des anglais à Yorktown le 17 octobre 1781. De retour en France en 1782, ce n’est qu’en 1784 qu’il accepte l’invitation de Washington à lui rendre visite. Ce sera un voyage triomphal dont les échos renforceront sa popularité en France.

De la gloire à l’exil. De l’exil à la reconnaissance.

Au lendemain de la prise de la Bastille, il est nommé général de la garde Nationale, fait adopter la cocarde tricolore et participe à la rédaction de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, lui qui fût dès le 21 mai 1787, le premier a demandé la convocation des Etats généraux. Noble libéral, partisan d’une révolution modérée, soucieux du respect de l’ordre, fidèle au roi mais promoteur d’une monarchie constitutionnelle, il devient le personnage le plus considéré de France. Hésitant, à franchir le pas de la répression, confronté à la conjuration de ses ennemis, ayant ordonné de tirer sur le peuple puis menaçant de conduire ses troupes contre les révolutionnaires parisiens, il est déclaré traître à la nation, s’enfuit, puis est arrêté par les Autrichiens qui l’emprisonne. Libéré en 1797 mais condamné à l’exil, il ne rentre en France qu’en 1799 où il se retire dans sa propriété de la Grange-Bleneau. Déçu par Louis XVIII, il s’oppose à Napoléon lors des cent-jours et participe même après Waterloo aux négociations de paix avec les Alliés. Battu aux élections de 1824, il accepte l’invitation du président des Etats-Unis pour son quatrième et dernier séjour outre-atlantique qui sera une véritable apothéose lui rendant tout son prestige. De retour, réélu député de Meaux, il participe activement à l’insurrection de juillet 1830, mais il refuse la création d’une république dont on lui offre la présidence. Légaliste et prudent, il rejoint le parti des Orléanistes et contribue à l’accession au trône de Louis-Philippe. En remerciement de sa loyauté, il est nommé Général de la Garde Nationale mais s’opposera rapidement au roi, et rompt avec lui. Lafayette meurt le 20 mai 1834 à Paris. Il est enterré au cimetière de Picpus où il repose aux côtés de son épouse décédée en 1807.

Une légende façonnée par les tourments de l’Histoire.

Homme politique autant adulé que contesté voire détesté, le marquis de Lafayette n’en reste pas moins un héros combattant de la Liberté, également reconnu comme un ardent défenseur de l’abolition de l’esclavage et comme l’un de ceux qui a prôné la reconnaissance de la religion protestante. Aux Etats-Unis, son nom est synonyme d’estime et de reconnaissance. “L’enfant chéri de l’Amérique” est un héros quasi national venu au secours des “insurgents” américains, il bénéficie du rare privilège d’être “citoyen d’honneur des Etats-Unis d’Amérique”. En hommage à son action durant la guerre d’indépendance, plus de quarante villes et comtés portent aujourd’hui son nom sans compter les multiples monuments à son effigie. La très célèbre phrase: “Lafayette, nous voici!” est gravé dans le marbre des mémoires des soldats américains, qui à deux reprises en vingt-cinq ans, l’entonnèrent en débarquant sur le sol de France pour nous aider à recouvrer notre liberté. Enfin, quelle plus grande marque d’estime et de respect que celle-ci: durant toute la Seconde guerre mondiale, un seul lieu sur toute l’Europe continentale conserva au sommet d’un mât, l’ondulation de la bannière étoilée: le donjon du château de Chavaniac, demeure natale du Marquis...

Olivier Houdan

Texte publié dans l'hebdomadaire "Les Infos" en septembre 2007.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :