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Notes de lecture: Jules Patouillet, "Trois ans en Nouvelle-Calédonie".

L'ouvrage est dédié à la mémoire de son “cousin et ami” Ernest Corbrion, adjudant au 4ème bataillon de la 2ème légion des mobilisés du Calvados, mort à Maizières (Meurthe-et-Moselle -54336-) le 15 février 1871 durant la Campagne de France.

Préface: Patouillet, médecin de Marine embarque en qualité de médecin en second sur la frégate à voile la Néréide à Brest, le 23 mai 1866. le 20 septembre 1866 prend la mer à destination de La réunion, Nouvelle-Calédonie et Tahiti via Cap Vert, Simons-bay, Le Cap et Saint-Denis (janvier 1867) puis Sydney et Nouméa (15 février 1867)

Je désirais observer par mes propres yeux, chez des populations sauvages, ou vierges encore, ce que peut l'homme, réduit à ses propres forces, aux prises avec la nature, et combler, si je le pouvais, par cette étude, une lacune qui me semblait exister dans tous les écrits que j'avais lu sur l'ethnographie calédonienne. (…) et puis je l'avoue, l'inconnu m'a toujours attiré.”

Patouillet est d'abord envoyé à Canala où il remplace M. Feitu, médecin-major de ce poste (meurt 2 ans plus tard d'une épidémie). Il y reste 6 mois avant d'être envoyé comme médecin-major à Wagap (orthographié Houagape). Il souhaite rompre petit à petit avec les habitudes européennes et prendre celles des naturels et n'eus que bien peu de choses à faire pour amener les Canaques à me traîter comme un de leurs chefs: simplicité dans le costume, grande justice dans mes rapports.

10 février 1870 quitte NC emportant de nombreuses photographies dues au talent et à la gracieuseté de M. Robin, commissaire de marine + dessins de M. Cofinières de Nordek. Arrive en France en août 1870 en pleine guerre.

Je me suis proposé d'apprendre au public dans les quelques pages qu'on va lire, ce qu'est à l'heure présente la NC, ce que l'on y fait, comment on y vit et ce qu'avec de la bonne volonté et des bras on pourrait y obtenir de résultats heureux tant pour les naturels que pour les colons et la métropole.”

 

Chapitre 1er: Géographie générale, Grande Terre, îlots, Île des pins, Cook, cannibalisme, désastre de l'Alcmène, prise de possession.

La NC “sa longueur est d'environ 270 km sur une largeur de 55”; “superficie de 2 millions d'ha soit 3 fois la Corse, 1,5 fois la Sicile, 40 fois le département de la Seine.” “Ceinture madréporique”; “Sur toute la longueur de cette terre et vers le milieu court une double chaîne de montagnes (…) sur les deux versants partent des rivières torrentueuses (…) semant sur leur bord une luxuriante fertilité.” “(...) le groupe des Loyalty (…) la population de ce petit archipel (…) est plus belle que celle de la Grande-Terre, et paraît se rapprocher du type taïtien.(...) aptitude particulière pour le commerce et une inclination marquée autant pour les vices que pour les bienfaits de la civilisation européenne.” L'ivresse était devenue un fléau si général (…) que le Gouverneur (…) avait dû défendre la vente aux naturels de toutes les boissons spiritueuses.” “Mais ceux-ci surent bien vite élider la prohibition en tirant du jus fermenté de l'orange une liqueur (…); Ces îlôts jusqu'à ces derniers temps étaient absolument dépourvus d'eau potable.” Quant à la population de la NC (…) les derniers dénombrements officiels la portent à environ 40.000 habitants. Il y a fortes raisons de penser que ce chiffre est loin d'être exact (…) nous n'hésiterions pas à le porter au double. (p. 14)

1768: Bougainville passant par 161°Est et 19°Sud signala l'existence “d'une mer tranquille sur laquelle flottaient des herbes, des débris de bois et de fruits”. Cette remarque lui fit pressentir l'existence d'une terre inconnue que découvrit Cook, 6 ans plus tard.

1774: navires de Cook: la Resolution et l'Aventure

1788: navires de Lapérouse: la Boussole et l'Astrolabe

1791: navires de Bruni d'Entrecasteaux: l'Espérance et la Résolution. Reconnaît la côte occidentale de la NC.

Inscription sur une pierre commémorative destinée à Kermadec:

 

ICI REPOSE

le chevalier Jean-Michel HUON de KERMADEC

Fils de Jean-Guillaume et d'Anne du MESCAM

Né à Brest le 12 septembre 1748,

Mort à la Nouvelle-Calédonie le 6 mai 1793,

Capitaine de Vaisseau et Chevalier de Saint-Louis.

 

Sa mémoire

est chère à la Marine française

Il se signala

au combat d'Ouessant en 1778,

à la prise de la Grenade et au siège de Savannah en 1779,

aux combats livrés

par l'Amiral de LA MOTTE PICQUET et l'Amiral PARKER,

les 20 et 22 mars 1780

Illustre compagnon de BRUNI d'ENTRECASTEAUX,

il commandait l'ESPERANCE,

l'une des frégates envoyées à la recherche de l'infortuné LA PEROUSE,

et succomba aux fatigues de la campagne.

 

La France cesse pendant 50 ans de diriger d'autres explorations vers la NC.

Dans cette intervalle, l'Angleterre s'établit en Australie (1787, fondation pénitencier de Botany Bay: 760 déportés au 20 janvier 1788 + transfert le dépôt de ses convicts à 12 milles plus au Nord à Port Jackson.

Dès 1821: émigration d'adultes hommes de – de 50 ans et de femmes de – de 45 ans. On leur donne sans distinction d'âge, de sexe ou de nombre: instruments, semences, 18 mois de vivres, 50 acres de terres (20 ha) avec pour seule loi, le travail. L'Angleterre y consacre annuellement 12,5 millions de francs de dépenses.

En 1835, l'Australie compte: 85.000 hab (20.000 convicts et 65.000 colons libres venus de tous pays); 12.000 chevaux, 300.000 têtes de bétail, 600.000 moutons, 12 millions d'importations en valeurs/an pour 4 millions d'exports.

1851: découverte de l'or en Australie.

1851: Bruno-Jean-Marie d'Harcourt: relèvements géo et hydrographiques des côtes calédoniennes avec l'Alcmène dont “2 officiers et 13 matelots furent tués et dévorés par les naturels.” En retour, vengeance dut se réduire à l'incendie de quelques villages et la destruction des cultures annuelles.”

Il fut enfin décidé d'employer la force pour imposer la civilisation à des tribus cannibales.”

Le 1er mai 1853, ordres secrets parvinrent à M. le contre-amiral Febvrier-Despointes, commandant en chef des forces navales françaises dans l'Océan Pacifique, alors à Sydney amusa les Anglais par une habile comédie grâce à laquelle il les devança de 5 heures pour prendre possession le 24 septembre 1853 (Moniteur officiel du 14 février 1854) tandis que l'Angleterre armait à la hâte un bâtiment chargé de s'emparer de la NC.

 

Chapitre II: Premier gouverneur, Nouméa, phalanstère, bagne, expo de Sydney, Gondou, tirailleurs, révolte de Pouébo, colonisation, biche de mer.

La caserne d'infanterie de Marine (de Nouméa) construite sur le plan de celle de la Martinique.”

Watton et Jack séduits par l'appât d'une récompense (…) vendirent leurs frères pour 2000 francs. Quelques jours plus tard, deux têtes étaient apportées au Gouverneur et les tribus rebelles mises en désarroi par la perte de leurs chefs, vinrent faire leur soumission.”

Mais il faut bien le dire, malgré les médailles d'or, malgré les fusils qu'on leur donna pour se les attacher, ils n'acceptèrent jamais bien franchement la civilisation que nous leur apportions.” (p. 36)

Le Gouverneur achète l'Ile Nou à un négociant anglais pour 40.000 f.

1864: phalanstère de Yaté: “vingt malheureux socialistes allèrent dévorer inutilement dans 300 hectares, une somme importante fournie par le gouvernement français.

Pour remédier au manque de femmes: Gouverneur fait venir 60 orphelines de l'Assistance publique mais échec.

9 mai 1864: 1er convoi des ouvriers de la Transportation s'installe à l'Ile Nou. Construisent de vastes bâtiments en pierre dont les charpentes en fer toutes préparées avaient été amenées de France en même temps qu'eux. (p 38).

20 corps de bâtiments destinés à loger chacun 100 transportés, constructions pour officiers, caserne pour 60 hommes, boulangerie, ateliers, hôpital, chapelle. Une vacherie au centre. D'immenses jardins à l'Ouest jusqu'à un second hôpital. Une ferme modèle au Nord. 1864: mortalité: 8% puis 4%; Arrivée de nouveaux convois tous les 3 mois.

Pour encourager colonisation libre, décret du gouverneur fixe prix ha de terrain à 25 f limité à 500 ha + prime de 500 ha au colon qui fabriquerait une sucrerie (MM. Numa et Ferdinand JOUBERT à Koé obtiennent la prime en 1868 grâce à leur récolte de 80.000 kg de sucre.

Tout émigrant: bon de 150 f payable en terre.

1869: don de 4 mois de vivres de marin à tout nouveau colon. (ration journalière: 550 g de blé = 750 g de bon pain; 250 g de viande fraîche; 440 g de légumes secs; 9 g d'huile d'olives; 22 g de sel; 25 cl de vinaigre; 20 g de café; 25 g de sucre; 46 cl de vin, 6 cl de rhum.)

Forçat employé chez les colons pour 12 f/mois + logement, vêtements, vivres (soit environ 60 f/mois/pers). A la fin contrat, employeur remet ½ au forçat et ½ au pénitencier.

Poste militaire de Canala: 45 indisciplinés de l'Ile Nou. Pdt 6 mois où Patouillet fût médecin-major de la garnison et du pénitencier, 5 tentatives d'évasion. Verdict: + 10 ans de peine + 25 coups de corde. Prime de 25 à 50 f pour capture du fugitif mort ou vivant.

Ration du forçat engagé chez le colon: 750 g de pain ½ maïs, ½ froment; 23 cl de vin, 6 cl de rhum de 2 jours l'un; 250 g de porc frais 2 fois/semaine ou 250 g de boeuf 3 fois/semaine; 180 g de porc salé 4 fois/semaine; 140 g de légumes secs ou 80 g de riz/repas du soir; 9 g d'huile ou 15 g de saindoux; 22 g de sel et 25 cl de vinaigre, 20 g de café et 25 g de sucre.

Dès 1866; NC présente ses produits à expo de Sydney (échantillons faune et flore, agriculture, industrie tant indigène qu'européenne). M. Boutang directeur d'une ferme modèle, ancien ingénieur et propriétaire lui-même obtint félicitations des commissaires pour ses machines agricoles.

7 à 800 transportés employés à divers travaux sur différents points de l'île.

Fonder un village à Bourail sous les ordres de M. Lacroix.

Pour remplacer les femmes qu'ils manquaient à beaucoup d'entre eux, obtenait des maisons centrales de France des détenues pour faire souche et “délivrer, dans un avenir plus ou moins prochain, la métropole des charges de ses pénitenciers de femmes.” (p. 45)

NC comme ailleurs: lutte sourde entre élément civil et autorité militaire: abus d'autorité obligeant le gouverneur à intervenir en faveur du colon.

Du côté des noirs, impuissants à faire parvenir leurs plaintes, la civilisation ne marchait qu'imposée et non désirée; réduits de par le droit du plus fort, à se soumettre à une partie de nos usages (…), à négliger leurs travaux de culture pour exécuter gratuitement ceux d'un gouvernement, qui souvent ne les nourrissait même point (…) les Canaques, gens logiques avant tout, se disaient qu'il vaudrait mieux que chacun, peuple ou particulier, restât chez soi, et que personne ne vint leur imposer un Code, dont la principale loi semblait dire: Toi, tu ne voleras personne, et moi, je te prends ta terre; tu ne tueras pas, mais moi je te tuerai, si tu ne me cèdes ce terrain que de famille en famille, tes pères t'ont légué.” (p. 46-47)

En l'espace de 16 ans: 72 blancs tués ou mangés en représailles exercées sur ces malheureuses tribus.

Aux alentours de Nouméa: 12 colons en un seul jour.

1861, les Kuanné: baie du massacre.

Malgré 2 expéditions (1866 et 1868) ceux de Uaïlu et Ponérihouen presque complètement insoumis.

Gondou: “frenchman od same pouaca: supposite I look one, I vomite” en bichlamar; “le Français me fait l'effet d'un cochon; si j'en vois un, je vomis.” (p. 48)

1864: Les Pouanloatche + Gondou massacrent équipage de la Reine-des-îles, en vue de la goélette de l'Etat, la Fine.

1867: colon Tagnard à la tête coupée en plein jour à 500 mètres du poste. En retour: 27 anthropophages furent brûlés dans leurs cases incendiées car “à chque tentative pour s'échapper, ils étaient repoussées dans les flammes par les baïonnettes impitoyables de nos tirailleurs indigènes.”

Aux soldats des deux postes de Gatope et Houagape étaient adjoints 2 compagnies de 30 tirailleurs choisis parmi les chefs indigènes alliés, armés à l'européenne mais avec leur “costume national”. S'étaient baptisés les “tayos-fusils”. “Ils n'épargnaient ni les femmes, ni les enfants à la mamelle.” (p.50)

Gondou pas le seul à résister aux blancs, Bouarate à Hienghène “où il dominait en souverain absolu” également. Les caboteurs anglais fournissaient des armes aux noirs. Bouarate “avait chassé les Missionnaires français qui avec leur manque de tact habituel et leur prosélytisme intolérant choquaient toutes les idées et tous les préjugés des noirs.” (p.51) Bouarate ne voulait plus de ces sorciers qui derrière la soutane du prêtre cachaient mal un industriel sous le nom de frère travailleur et un espion sous le nom de catéchiste. Bouarate interdit à ses sujets d'être catholique. En 1857, des kanak chrétiens venus relâchés sur la côte de “Hienguène” furent massacrés et mangés. Bouarate, exil de 5 ans à Tahiti. Puis exécution de 3 côtiers anglais accusés d'avoir vendus des armes aux naturels. A son retour en NC, “Bouarate devint le fidèle allié de la France, le chef le plus réellement chef et le plus généreux, sa tribu est la plus riche et la plus guerrière de toutes celles de NC obéit religieusement à ses ordres.”

Autre résistant: “Kaoua”.

Pouébo, 6 novembre 1867: 1 poste de 3 gendarmes. Brigadier Bailly et gendarme Venturini attaqués et assassinés à 8 kms au Sud de Pouébo par les habitants de Gabarick. Les mêmes meutriers, “au nombre de douze cents” tuèrent ensuite le colon Déménée, coupèrent la gorge du dernier nourrisson et blessèrent grièvement Mme Déménée et ses 2 autres enfants. Puis 8 kms plus au Sud, se joignent aux naturels de Iambé et assiègent la maison du riche colon anglais Henry qui avec 80 sandwich exploitent le santal. (Blessent son fils, tuent 4 sandwich et en blessent 5 ou 6 autres, pillent un magasin qui contenait 60.000 francs de marchandises). Le commandant du poste de Houagape (20 soldats d'infanterie de Marine, 30 tayos-fusils, 600 auxiliaires kanak et moi comme médecin accourent au secours de la famille Henry. Rejoints par un contingent venu du poste de Gatope commandé par l'officier Kriéger. Le village de Yambé fût brûlé, des têtes furent coupées. Les troupes de Nouméa arrivent avec le Gouverneur sur la Sibylle et le Primauguet.

Auparavant, Chef catholique Hippolyte de Pouébo condamné à l'Ile des pins pour refus d'obéissance où il mourut. On prétend qu'une soeur avait rapporté sa tête à Pouébo et que le Père Villard la montrait aux naturels en les existant à la vengeance. Ce mariste fut accusé d'avoir eu connaissance du complot et d'avoir reçu des noirs une hache en jade pour prix de son silence. La tribu toute entière fut déclarée civilement responsable et 9 personnes furent guillotinées.

Le commandant chargé du poste, négrophobe qui accablait les noirs de corvées, un an jour pour jour, heure pour heure 6 soldats furent surpris, tués et mangés + un colon nommé Antonio.

Pendant un an, “les expéditions dévastèrent le pays tuant tout ce qu'on rencontrait.” Un nouveau poste fut établi à Bondé. Réduits à la misère, les malheureux se soumirent et leurs terres furent confisquées. Un 3ème poste de 50 soldats et de 60 forçats fut établi à côté de la case de M. Henry.

Gondou vendu par un traître fut surpris par des tayos-fusils et quelques centaines d'Ounouas, haché et mangé. Les Poindis essayèrent vainement de prolonger la résistance. Soumis et l'ordre ainsi rétablit ne fut plus que troublé dans la colonie que par de rares échauffourées comme celles de Bouraï et de Uaïlou.

Proprités privées autour de Nouméa de MM. Gresland, Duboisé, Numa et Ferdinand Joubert, Boutang

A Canala: MM. Fulet, Evain, Naux, Félix, Pion et Albaret “couvraient de rizières les fertiles plaines de Canala”.

A Houagape: M. Lepeut (sic) installe une caférie et ensemence du riz “où il avait apporté de Bourbon l'intelligence du travailleur en même temps que l'urbanité hospitalière des Européens.”

A Touo: MM. Dinette et Desouche, simples soldats congédiés depuis 7 ans comptaient en 1870, 30 têtes de bétails, 100 porcs, 600 caféiers, 2 maisons en pierre, 1 bateau de 3 tonnes + quelques milliers de francs d'économie.

A Pouébo: M. Henry, propriété de plusieurs centaines d'ha, “couverts de bétail” + un store ravitaillant les “stationnaires” et les caboteurs. Secondé par une femme d'élite.

Au sujet de la production industrielle: des navires anglais apportent de Sydney instruments et ustensiles nécessaires, farines, huiles, fécules et autres denrées alimentaires, literie, étoffes, toiles, perles, marmites, haches de pacotille et autres d'objets d'échanges qui servent au commerce avec les naturels, librairie, armes, poudre, tabac, articles de Paris viennent par la même voie.

En retour, ces bateaux emportent: biches de mer, résines, riz, maïs, cassonade ou sucre en couffe, santal et autres bois d'ébénisterie.

Holoturie était surtout pêchées dans les îles du détroit de Torres mais dangereuse en raison des récifs à grande profondeur aussi la découverte de la NC fut “un coup de fortune pour les caboteurs anglais”, venus d'abord chercher de l'écaille de tortue et du santal, ils trouvèrent en abondance le trépan sur les récifs à fleur d'eau.

Préparation de la biche de mer: sitôt ramassée elle est lavée à l'eau douce et mise à bouillir dans une chaudière d'eau de mer pendant 24 heures. Ensuite, chacune est tirée de l'eau et fendu dans le sens de la longueur puis deux petites baguettes mise en croix dans l'incision et étendue sur des claies superposées dans un hangar en dessous desquelles on entretient pendant plusieurs jours un feu de bois humide.

Variété noire, la plus grosse: black-fish = 1400 fr la T.

Variété blanche, plus petite et plus fine = 2000 fr la T.

Le poids moyen tout préparé: 140 grammes.

L'exploitation la plus considérable, celle de M. Paddon à l'ïle Nou achetée 60.000 fr pour installer les Transportés.

Principaux entrepositaires de marchandises possédant des magasins à Nouméa: MM. Martinn, Heckinson, Ralph, Gerber, Rolland. Vins et liqueurs importées tous les 3 mois par des bateaux Ballande de Bordeaux.

La bière est fabriquée à Nouméa au Pont-des-Français. Brasserie établit à cet endroit car l'eau manque à Nouméa.

Des entrepreneurs anglais avaient proposé moyennant le prix de 60.000 fr et le concours de forçats d'amener par un canal l'eau du Pont-des-Français à Nouméa.

Sécheresse de 1868: eau apportée à dos d'âne depuis la Yahoué pour 5 fr les 100 litres. “Le Gouverneur au lieu d'accepter les offres des Anglais fit acheter à Sydney, 2 grands distillatoires qui ont coûté à l'Etat, le prix énorme de 60.000 fr à laquelle s'ajoute une dépense annuelle d'entretien et de chauffage de 30.000 fr pour fournir une quantité d'eau bien insuffisante pour les besoins journaliers de la population.” (p. 63)

(...) la colonie est en voie de progrès malgré beaucoup d'entraves et de difficultés résultant des abus du fonctionnarisme et de l'insuffisance des opérations du cadastre. Heureusement les choses paraissent en voie de s'amliorer depuis l'arrivée du nouveau gouverneur et la démission du secrétaire colonial.”

Gouverneur M. de la Richerie: premier acte administratif: “nomination d'une commission municipale de 3 membres plus apte à connaître et à défendre leurs véritables intérêts qu'un bureau composé d'officiers de marine ou de troupes arrivés de la veille pour partir souvent dès le lendemain.”

Sur la proposition de la commission, le Gouverneur a déjà pris en considération une demande de colons tendant à obtenir l'institution d'un conseil général, comme il en existe dans toutes nos colonies importantes.”

Pour suppléer au manque de travailleurs indiens ou néo-hébridais qui faisaient défaut en Calédonie, il a accordé à tout homme honorable l'autorisation d'engager jusqu'à 10 transportés à la fois.”

Création d'un million en bons du Trésor lancés par la colonie et dans la colonie.

(...) la production de l'or, cette nouvelle source de richesse qui vient de s'offrir à la NC (…) ferait présager pour notre colonie australe l'avenir de Sydney et de San Francisco.” (p. 65)

 

Chapitre III: anthropologie, taille et couleurs, costumes, édilité, cases et villages.

Les 70.000 naturels de la NC nous paraissent se rattacher à une race commune.”

Sujet anthropologique débattu par les membres de la Société d'anthropologie, les naturalistes de la Frégat la Novara et 2 médecins de Marine: MM. Desplanches et Vieillard.

La conformation extérieure de la race canaque”: “(...) je n'y ai presque jamais rencontré de ces êtres rabougris que nous appelons des nains et plus rarement encore des corps obèses. Ce dernier point s'expliquerait peut-être par les disettes annuelles qui affligent les Canaques et qui sont presque toujours la punition de leur paresse ou de leur imprévoyance.”

La couleur de la peau est le brun foncé ou brun-chocolat dans la variété noire.”

L'œil, grand généralement, brun-jaune, est bordé de cils assez longs pour exciter la jalousie des Européennes.”

Le nez est aplati (…) et rappellerait plutôt par sa forme celui des sphynx égyptiens.”

La bouche est très petite en général”; “Les dents blanches et très-belles toujours; je n'ai vu en trois ans et demi, qu'un seul canaque ayant des dents gâtées. Cela résulte, sans doute, de leur nourriture presque exclusivement végétale.”

Les formes en général sont pures”.

Le Canaque marche droit, la tête haute et portée un peu en arrière, ce qui lui donne une cambrure peut-être légèrement exagérée, mais d'un effet majestueux à l'œil.

Il a le pied sûr; habitué dès son enfance à marcher sur les bords des précipices, il ne connaît pas le vertige.”

Le Canaque est fort bon nageur, mais ne nage pas non plus comme les blancs, ni même comme les autres mammifères.”

Ils s'assoient à la française ou à la turque et d'une troisième manière plus originale, qui consiste à appuyer sur leurs talons les deux parties charnues de leur derrière, sans que celles-ci touchent aucunement le sol. Le corps porte alors de tout son poids sur les orteils fortement fléchis.”

Le Néo-calédonien surtout lorsque qu'il est échauffé par la marche, exhale une forte odeur sui generis, qui rappelle celle des fauves de grande taille. Cette odeur subsiste malgré des soins journaliers de propreté.”

La vie des Canaques est courte (…), je n'ai jamais rencontré de Canaques, hommes ou femmes, âgés de plus de 60 ans. D'ordinaire, ils meurent vers leur quarantième année, et généralement d'affections de poitrine par manque de vêtements.”

(...) les naturels avouent que ce n'est point par pudeur, qu'eux et leurs moitiés portent ce semblant de vêtement mais tout simplement pour garantir du contact des feuilles coupantes de la broussaille leurs muqueuses les plus sensibles et les plus délicates.”

C'est ordinairement à l'embouchure ou sur les bords d'une rivière que les naturels cherchent à s'établir, et les cours d'eaux sont assez nombreux en Calédonie pour qu'ils n'aient pas à chercher longtemps le lieu qui les charmera. S'ils trouvent jointe aux avantages de cette position, la ressource d'un beau bouquet de cocotiers, alors ils pourront se vanter d'avoir atteint le parfait idéal d'une résidence: un abri pour les pirogues; pour eux de l'eau plus douce, et pour leurs cases, l'ombrage dangereux des cocotiers.”

A Bayes, j'ai vu le frère du chef de village tué sur le coup, à mes côtés, par la chute d'un coco qui l'atteignit à la tempe.

Entre Balade et Pouébo: reste d'une muraille en pierre sèche qui a peut-être servie de rempart. Dans le Nord, j'ai rencontré des vestiges de murs sur les sommets des montagnes (sentinelles de l'ennemi?). C'est là le seul essai de castramétation (ndlr: art de choisir et de disposer l'emplacement d'un camp) que j'aie remarqué dans mes longues courses.

Les roches d'Até et de Tipindié devenues célèbres par les combats qui s'y sont livrés, n'ont dû leur renom qu'à leurs fortifications naturelles.

Quant aux clôtures en pierres, il y en a à Bogota, village de pêche de Canala, gouverné par le chef Mataï: murs en cailloutis de 40 cms de hauteur formant un rempart circulaire dans lequel on entre du côté de la terre. La position des cases sur l'extrême bord de la grève, dans ce village, comme dans celui de Baye, où j'ai vu aussi une de ces clôtures, me fait conjecturer qu'elles étaient destinées à combattre les marées montantes.

Les cases: Les maisons ordinaires représentent de petites tours rondes très basses et surmontées d'un toit pointu dont le sommet est perpendiculaire au centre. Elles ont à peu près 2 mètres de hauteur à l'endroit le plus élevé et 4 de diamètre. Leur charpente est formée d'un gros poteau central, le plus souvent en houp, sorte de cèdre qui devient imputrescible, lorsqu'on a eu la précaution de le laisser sécher avant de l'employer. Tout autour et formant les limites de la case, une vingtaine de poteaux plus petits constituent la grande charpente intérieure, et sont unis au poteau central, chacun par une forte perche; au milieu du tout et maintenues par des lianes, s'entrecroisent des branches plus minces et flexibles, qui servent de support à une première couverture en écorce de niaouli. Un naturel à l'aide d'une longue aiguille en bois, coud cette écorce avec les lianes, et la recouvre d'une épaisseur de 7 à 8 centimètres de légers botillons de paille, de la grosseur du bras, qui sont maintenus comme le reste.

La flèche faîtière: Une fois le toit surmonté d'un tabou, ornement toujours en bois, et dépassant d'ordinaire d'un mètre et demi les petites cases, l'habitation est parfaite. Le tabou est le plus souvent un buste hideux, quelquefois un homme en pied, peint en rouge avec une argile ferrugineuse, ou en blanc avec de la chaux, ou en noir avec de la suie huileuse. La pointe souvent assez allongée, qui termine la tête du tabou, est ornée de coquillages (nautile, triton), quelquefois de la tête d'un ennemi tué à la guerre. Je crois que les naturels ne regardent pas les tabous comme emblèmes de puissance mais comme une marque de richesse, de même que les plaques quadrillées et surmontées d'une tête sculptée qu'ils mettent des deux côtés de leurs portes. Point de portes aux cases, tout au plus un rideau de paille à l'ouverture unique, et si basse qu'on ne peut entrer qu'à genoux.

Intérieur des cases: On voit près du poteau central un foyer qui paraît surtout destiné à entretenir pendant la nuit un grand feu pour éloigner les moustiques. L'aire des cases étant en général bien battue, élevée de 50 cms au-dessus du sol et débarrassée de tout caillou, le Canaque n'a pas besoin de se construire un lit: une natte étendue sur le sol lui suffit.

Les cases de chefs: ou plutôt de tribus ne diffèrent des autres que par leurs dimensions et le fini du travail. Elles atteignent quelquefois une hauteur de 10 à 12 mètres; tous les poteaux de leur charpente, sur les faces où ils ne sont pas revêtus de paille, sont chargés d'ornements sculptés; il n'est pas rare que la case elle-même soit ennoblie d'un plafond, disparaissant entièrement sous de pareils reliefs, et duquel pendent en grand nombre, jusqu'au sol, des tillits de chefferie (drapeaux d'étoffe indigène). La toiture est souvent formée de racines de chiendent, soigneusement tassées, et recouverte au sommet par un large plateau de coquillages.

Chef Mango de Gatope, son fils Thi, chef de guerre et commandant des tirailleurs indigènes de Gatope. Chef Mango a toujours eu au-dessus de sa porte d'entrée, des nids de guêpes suspendus aux brins de paille qui tombaient dans l'ouverture par où les visiteurs pénétraient dans la case. L'imprudent qui, d'une main adroite et légère, n'avait pas su écarter ces nids, était criblé de coups d'aiguillon.

Je n'ai jamais vu les greniers dont a parlé M. Bourgarel à moins qu'on ne veuille prendre pour des greniers ces petits échafaudages où quelques ignames, provisions du lendemain, sont posées sur des traverses, assez hautes pour que la dent des porcs n'y puisse attendre.

Les hangars carrés sous lesquels ils font la cuisine.

Les femmes couchent rarement dans les mêmes cases que les hommes. Elles ont de plus des époques particulières où les hommes les évitent bien davantage, observant en cela sans les connaître, les préceptes écrits dans la loi de Moïse. Elles vont alors habiter hors du village une petite loge de feuillage bâtie en forme de hutte à castor et y demeurent jusqu'à ce qu'elles soient revenues à leur état ordinaire. Dans tout cet intervalle, elles doivent porter comme signe un long jupon en feuilles de bananiers. La femme n'est pas un objet de mépris ou d'aversion pour l'homme, elle est généralement considérée comme la servante, non comme l'esclave de son mari.

 

Chapitre IV: fiançailles, mariage et préliminaires, entrée de la femme dans la case, le sorcier, enfantement.

Le mariage et ses préliminaires: Quelquefois les enfants sont fiancés par leurs mères dès l'époque de leur sevrage; l'amitié de deux mères suffit pour cet engagement qui se contracte ainsi: chacune prend l'enfant de l'autre et mâchant des ignames ou du taro, première bouillie des petits auxquels on refuse désormais le sein, elle lui coule le liquide dans la bouche, comme on gave un pigeon et tout est dit.”

Le Néo-calédonien profitant de la liberté dont jouissent les jeunes filles jusqu'au jour de leur mariage, va courant les fêtes pour y trouver la femme qui convient. Enfin quand son choix est décidé, il offre à celle qu'il préfère un peigne de femme en bambou. Si la jeune fille satisfaite de ce simple gage ne repousse pas son chaland, celui-ci dès lors est autorisé à se présenter aux bons parents pour débattre avec eux les conditions du marché. La famille du jeune homme soutenue par de loquaces entremetteurs des deux sexes se rend chez les parents de la fille et étalent devant eux des nattes, des colliers de serpentine, des ouatchichis ou coquilles-monnaies, des jupons de femmes en fibre de bourao, des tilits, des paniers, des marmites et un collier de monnaie calédonienne.”

La cérémonie se termine et “c'est l'usage par une fuite dans les brousses, son mari la rattrape et pour la guérir de ses velléités d'épouse réfractaire, pour lui bien faire sentir son autorité maritale et lui administre une sévère et réelle correction. C'est encore l'usage, et même un de ceux auxquels le mari renonce le moins.”

La femme est chargée du soin du ménage. La condition de la femme canaque est loin d'être aussi mauvaise qu'on l'a dit.

Mai 1866: Matamoé, fils de Watton étant mort, deux de ses femmes se sont étranglées.

En 1867 à Houagape, à la mort d'un chef de Kokingone, sa mère resta 7 jours sans manger et ne voyant arriver la mort elle se poignarda avec un pieu durci au feu.

L'adultère est assez rare en NC. Le mari averti châtiait et tuait sa femme à coups de casse-tête.

Les mariages néo-calédoniens ne sont pas très féconds. Pour moi, j'attribuerais plutôt cette stérilité à la fréquence des manœuvres abortives qui constituent le fléau le plus fatal à la population calédonienne. (décoction du bourgeon rouge de la grappe du bananier, principe actif: substance âcre, blanche semblable à la poudre de talc OU huîtres de corail ou de marais?

Accouchement: pendant les manœuvres obstétricales qui se réduisent à un massage prolongé, la femme se tient à quattre pattes. Le cordon est coupé avec une coquille d'huître perlière (pintadine) ou une éclisse de bambou, puis noué sur lui-même et longuement mâché. La mère se lève presque immédiatement, lave le nouveau-né et va se baigner dans la rivière voisine. Dès le lendemain, elle a repris tous ses travaux habituels. Les naissances gémellaires sont inconnues dans ce pays. La mère allaite son enfant pendant un an, le portant partout avec elle. Dès l'âge de 5 à 6 ans, on ne voit plus d'enfant canaque aller nu, sauf les fils de chef qui ne sont circoncis et prennent le vêtement qu'un an ou deux plus tard. La circoncision est générale et se pratique avec cérémonie.

 

Chapitre V: Alimentation, culture des ignames et taros, cocotiers et canne-à-sucre, tabous.

La nourriture du Canaque est presque exclusivement végétale. On y connaissait pas les céréales. L'igname constitue la base de la nourriture canaque mais est bien loin de suffire aux besoins de la population.

L'aculeata nommée sur la côte Est “Caledi-nitahua” rappellent par la grosseur et le goût, les meilleures pomme-de-terre de nos pays.

Préparation de la parcelle: Une corvée générale pour les cultures du chef, et des corvées d'amis pour les simples particuliers, réunissent hommes et femmes de la tribu pour arracher les herbes dans l'endroit destiné à la plantation. Un peu plus tard, le foin, qu'on a laissé pourrir ou se dessécher sur place pendant un mois environ est brûlé comme engrais; une seconde corvée réunit les mêmes habitants pour le labour.

Le labour: une perche en bois dur est enfoncée d'un coup sec d'une vingtaine de cm dans la terre et s'en servent comme d'un levier qu'ils tournent dans le sol, de manière à soulever une forte motte. Après avoir creusé de cette manière 4 ou 5 trous semblables, à 30 cms l'un de l'autre, ils brisent les intervalles de terre qui les séparent et recommencent plus loin le même travail tandis que les femmes qui les suivent achèvent de casser les glèbes avec une petite baguette et de réduire avec leurs mains la terre en une fine poussière. La planche une fois terminée, c'est un carré d'une longueur variable sur 3 à 4 mètres de largeur, tous ensemble relèvent la terre des bords et la rejettent vers la ligne médiane du rectangle et lui donnent ainsi une forte épaisseur de bonne terre. On peut dès lors planter les ignames, enfouir à 20 cms de profondeur un quartier du tubercule bien garni d'yeux. Pour finir, le Canaque dépose secrètement, dans chaque planche, le talisman qu'il tient de ses pères, la pierre à ignames.

Chaque famille renferme ces talismans dans un petit panier en fibres de cocotiers, soigneusement tressées, qui sert en même temps à contenir les talismans à poisson, à tortues et les monnaies calédoniennes. Ce panier est fermé par une corde attachée à une aiguille sculptée dans un os de mort percé d'un chas et sculpté vers ce trou, d'une tête d'homme.

Le tubercule arrive en 10 mois à sa parfaite maturité.

Un des mets les plus recherchés est un mélange de tranches d'ignames enveloppées dans des feuilles de bananiers avec des poissons, des crabes et du lait de coco qui a passé avec pression sur l'amande rapée du même fruit. Ce plat que l'on confectionne aussi à Tahiti et qui porte le nom de loloï se cuit également dans les pierres rouges, il est vraiment digne de sa réputation.

Autres végétaux dans l'alimentation des Canaques: taros (deux espèces), cocotiers (trois espèces), canne-à-sucre (32 espèces), bananier (7 à 8 espèces), l'arbre à pain (maioré), le nani (noni? Que les Canaques comparent à notre chou), papayer, pommier et prunier sauvage. 11 espèces de bois comestibles (jalé, liane à la racine comestible et l'hibiscus tiliaceus, déjà signalé par Cook et dont on mange l'écorce.

Le bananier est planté entre les ignames et met deux ans à produire un fruit qui se mange tantôt mûr et cru, tantôt vert et cuit, il meurt après.

Les terres n'étant jamais fumées ont besoin de rester en repos après chaque récolte et ils les y laissent de 3 à 5 ans.

Le cocotier, c'est pour les Canaques une douleur d'en abattre.

La canne-à-sucre: on choisit pour cette culture un terrain moins bon et plus marécageux que pour l'igname. La meilleure espèce est la rubanée. Ce n'est pas pour les naturels une véritable nourriture; ils en sucent continuellement mais ne comptent pas cela pour un repas. On peut en dire autant du pommier, du prunier et du figuier sauvage.

Le taro est la plante qu'ils cultivent avec le plus d'art, je dirai presque avec le plus d'amour”. Sur le flanc d'une montagne, ils disposent en gradins une série de bassins dont les rebords sont formées de pierres lutées (ndlr: qui bouchent un trou) avec de la terre argileuse. Après avoir amené l'eau du ruisseau dans le bassin supérieur, ils y plantent les tiges à un mètre l'une de l'autre. De ce premier bassin, l'eau tombe par une petite brèche dans celui qui est immédiatement inférieur.

Les tarodières sont de toute beauté et quelques unes m'ont frappé d'admiration notamment à Pouébo, à Baye, et aux Ounouas, chez ces derniers, j'ai vu des tarodières s'étageant sur deux collines séparées mais réunies et alimentées par un conduit d'eau creusé dans une bille de bois. On mange la racine et les feuilles cuites dans l'eau. Les naturels ne se permettent pas de le manger rôti.

Le nani dont les feuilles cuites ont le goût du chou potager, il se mange bouilli et se trouve planté au milieu de toutes les autres.

L'arbre à pain que l'on rencontre partout autour des villages de Baye à Panier.

En période de disette: consommation de bois à fibres féculentes:

- le Jalé (Pachyrhisus textilis montanus)

- le fruit du palétuvier (rhizophora sexangula)

- la noix de bancoul (Euralites triloba)

- et une espèce d'haricot sauvage.

Cette époque, les Canaques de la grève sont d'une maigreur qui fait peur à voir.

A la fin de la disette, ceux de l'intérieur seuls peuvent se vanter de n'avoir pas souffert, grâce à l'irrigation naturelle et à la fertilité de leurs immenses plaines.

 

Chapitre VI:Animaux, roussette et cagou, pigeon notou, tortues, pèche au filet, navigation, pirogues.

Avant l'arrivée des blancs en NC, les mammifères terrestres sont le rat et les souris qui sont éliminés à coups de bâton. Le chat, le chien et le porc ont été importés. “On trouve dans les champs beaucoup de chats sauvages, anciens chats domestiques. “

         La chèvre a été introduite par les R-P Maristes: à l'état sauvage dans les Ouébias et sur l'île de Pam.

Mammifères ailés: chauve-souris dont roussette (vespertilio)

3 espèces de pigeons: le notou, un pigeon avec une caroncule qu'elle porte à l'origine du bec, plusieurs sortes de tourterelles

4 sortes de canards, des poules sultanes, des cailles, 4 variétés de perruches dont une huppée, 2 espèces de corbeaux, un moineau vert, rouge à la calotte, à la gorge et au croupion, un merle, un martinet, un verdier, un martin-pécheur, une bécasse, une bécassine, deux espèces de héron, une aigrette, deux crabiers, une chouette, un épervier, une buse, un aigle à tête blanche, le cagou facile à domestiquer.

Les Canaques prennent les cagous à la course aidés dans cette chasse par leurs chiens. Sa chair est blanche et agréable au goût. Ils deviennent plus rares de jour en jour, c'est une espèce qui marche d'un pas rapide à son extinction.

Outils de chasse: flèche de roseau non empennées portant à 4 ou 5 mètres; une glu issue de l'intérieur du fruit d'un arbre résineux; lacets confectionnés avec la peau du bananier.

Le noir de la NC ne mange aucun saurien. Un énorme gecko blanchâtre protégé par un culte superstitieux. L'horreur qu'ils inspirent aux naturels m'a mis dans l'impossibilité de me procurer beaucoup de ces animaux.

Serpents terrestres manquent complètement, 3 variétés mais marins. Les naturels en ont autant d'aversion que des lézards; ceux d'Ouvéa seuls les mangent cuits dans le feu.

Batraciens: inconnus sauf une grenouille verte importée en 1868 dans un marais au beau milieu de la ville de Nouméa.

Tortues de mer: 2 espèces: tortue franche (Chelonia mydas) et tortue caret (Chelonia imbricata), carapace estimée dans le commerce. Le filet à tortue est une immense seine d'1,5 m de hauteur et d'une longueur indéterminée, à mailles très larges tissée de fibres de cocotiers avec des flotteurs qui sont des paquets d'écorce de niaouli; les plombs: des pierres enveloppées d'un tissu indigène. Pêche souvent très fructueuse: juin 1867, le chef de Panier dans la baie de Vieux-Touo a pris en une nuit 16 tortues dont la plus petite avait 70 cms de longueur. Elles sont mangées bouillies et l'écaille sert à faire des hameçons. Avec l'arrivée des blancs: écailles: 7 à 20 fr/kg

Fabrication des hameçons: taille d'une languette dans l'écaille puis on l'enfonçait dans une tige de taro que l'on plaçait ensuite sur le feu. L'ébullition de la sève ramollit l'écaille et facilité la torsion de la languette à la courbe voulue.

Le dugong assez rare.

La baleine: 1868 et 1869: baleiniers américains viennent chargés de l'huile en NC. Une tradition orale raconte que dans les 1840's, les habitants de Congouma ont capturé et mangé 3 baleines échouées sur un bas-fond. En 1869, découverte de 3 fanons cachés dans l'herbe.

Poison dangereux voire mortel à certaines époques de l'année: la bécune, un sparoïde, une sphyræne, une espèce de sardine appelée Bat à Balade, les poissons-corail (tous les tétrodons “perroquets”)

1856: 5 hommes du Catinat furent empoisonnés pour avoir mangé des tétrodons.

1865: les maîtres du Marceau tombent gravement malade après avoir mangé une bécune.

1868: un Canaque meurt après avoir mangé des sardines de l'espèce Bat.

Symptômes: douleurs vives, arthritiques et musculaires, sentiment de lassitude, faiblesse générale, courbature, violente cystite, convulsions, picotements cutanés, paralysies partielles.

Instruments de pêche: ligne avec une pierre en guise de plomb; sagaie; filet en fil de bourao.

Pêche par empoisonnement: jetent dans les rivières à marée montante des quantités d'une sorte d'euphorbe préalablement écrasé entre deux pierres: suc caustique nommé amoutchani à Houagape, N'duc à Canala, ne tue pas les poissons mais les enivre. Les Canaques n'ont plus qu'à barrer la rivière à l'embouchure et à les ramasser au moment de leur passage à marée descendante.

Pêche à la torche faite de feuilles de cocotiers pour attirer la nuit le poisson sous leurs sagaies.

Pêche à la langouste:

La crevette très abondante et fourmille dans toutes les rivières prises avec des avanaux. La rivière est barrée avec un filet en nappe.

Le poulpe et la seiche: abondant sur la côte, parviennent à une forte taille.

Coquillages et crabes: pêche réalisée par les femmes + huîtres de palétuviers. Les hommes vont sur les grands récifs chercher des bénitiers, trochus, casques, les ouatchichis, petites porcelaines blanches servent d'ornements et de monnaies.

Pirogues: deux sortes: les simples et les doubles.

Pirogue simple: tronc de bois de houp long de 3 à 8 mètres, bloc effilé en forme de fuseau de femme et creusé sur une de ses faces équarrie par le feu et l'herminette jusqu'à pratiquer une cavité qui occupe toute la longueur de la pirogue. Planches retenues debout au moyen de fibres de cocotiers sur chacun des bords qu'elles élèvent ainsi au-dessus de l'eau et maintiennent aussi le balancier. L'absence de clous nécessite l'emploi de beaucoup de cordes. La pirogue est criblée de trous mais calfatage soigneux fait avec de l'écorce de niaouli. Cette pirogue marche également à la voile et à la pagaie. Le balancier se met naturellement toujours au vent. La voile est une grande livarde en natte munie d'une perche comme croisière et d'une écoute en liane.

Pirogue double: 12 à 15 mètres de long reliée par un plancher de 3 m de large à une autre pirogue un peu plus petite qui fait la fonction de balancier. Les 2 mâts retenus dans une ligne oblique sur l'avant et sur l'arrière à l'aide d'un système de cordages en liane, reposent sur deux boules en bois dur marquées d'une encoche et qui sont fixées à chaque extrémité de la pirogue. Les voiles pointues vers le bas sont d'immenses triangles de natte et s'attachent au sommet d'une vergue. La houle peut briser assez facilement les surliures végétales qui en attachent les différentes parties.

L'araignée qu'il mange est l'epeira edulis de La Billardière, espèce jaunâtre qu'il trouve dans la terre met qu'il confond parfois avec une autre espèce, orange cette fois qui renferme un poison violent.

1869: les colons ont fait venir de Bourbon un millier d'oiseaux d'une espèce insectivore spéciale à cette île et les ont lâché dans la NC. Les naturels donnent le nom de côlets aux sauterelles qui sont mangées bouillies dans l'eau avec une chair qui a un léger goût de noisette.

Géophagie: en temps de disette les Canaques du Nord à Balade et dans ses environs mangent une stéatite d'un blanc verdâtre (silicate de magnésie, contenant un peu de cuivre, appelé par eux “payote”, sorte de trompe-la-faim.

 

Chapitre VII: Chefs et insignes, hiérarchie, justice et bourreau, tyrannie.

Nous avons trouvé la NC partagée en un certain nombre de tribus parfaitement indépendantes les unes des autres, différant à peine de moeurs et de d'usages mais entièrement de langues. Chacune de ces tribus est un petit Etat gouverné despotiquement par un chef dont le pouvoir est héréditaire.”

Le Grand chef est le chef à oiseau, une sorte de grande étoile en bois à 5 ou 6 rayons dont l'un dépasse un peu les autres et dont la longueur est d'environ 75 cm. L'étoile est placée horizontalement au-dessus d'une case de fête; c'est là son pivot sur lequel elle pose par le centre comme la croix d'un tourniquet sur son montant. Le sorcier monte au faîte de la case et attache autour du pivot un talisman et fixe un tillit à chaque pointe de l'étoile et prouver sa puissance, il monte sur l'étoile qui peut pencher mais ne doit pas tomber.”

L'insigne que le grand chef porte dans les fêtes est un petit lambeau de tillit noir fabriqué avec la seconde écorce du banian; il se l'attache au petit doigt de la main gauche. Devant lui les femmes marchent à genou et les hommes se courbent.. Au grand chef appartiennent les prémices de toutes choses.

Le grand chef met aussi sur ses cases ce qu'il nomme la main, c'est une sorte de palette à plusieurs dents, ornées de coquilles.”

Après le chef à oiseau viennent les chefs à paille. Ceux-ci ont le droit de mettre des tillits et des bottins de paille dans leurs planches d'ignames.”

1864: en gage d'amitié, le Gouverneur avait donné à 5 grands chefs des médailles d'or et des habits de gendarmes brodés en argent.

Les Canaques sont un peuple enfant, chez qui de pareilles choses ont de l'importance. J'ai vu parmi eux à Baye surgir entre deux frères, chefs l'un et l'autre, une lutte sanglante, parce que l'un d'eux avait arboré sur ses cases un tillit auquel il n'avait pas droit: 5 à 6 lieues de terrain dévasté, 3 villages brûlés et une douzaine de têtes coupées fut la conséquence d'une violation d'étiquette.”

1861: un conseil de guerre condamne à mort, à Houagape, 1 chef, 2 de ses parents et un autre naturel qui se nommait Tipouaka, ce qui veut dire assassin, c'était le tueur à la solde du chef.

Avril 1869, après le mort de Gondou, des sujets nous apprirent qu'il faisait souvent tuer des naturels sans autre motif que de satisfaire ses instincts de cannibale. Son bouche s'appelait Gemmi.”

Novembre 1867: à Pouébo, assassinat du commandant Bailly, Napoléon chef de la tribu avait donné à 2 naturels pour salaire de leur crime, une hache en forme de queue de poisson.

Les Canaques n'ont de la justice qu'une idée encore assez obscure. Le juste n'est souvent pour eux que leur intérêt. Menteurs par nature et par principe, partout et toujours, ils se faisaient autrefois un titre de gloire de ce défaut qu'ils nommaient qualité presque une vertu.”

Les naturels ne sont pas voleurs ou ne le sont que par exception.”

L'adultère et le meurtre étaient des crimes dépendant surtout de leur état de sauvagerie. Si c'était un vol, le châtiment était des plus cruels. A Canala, pour le vol de monnaies ou de haches en pierre, on crevait les yeux au coupable; à Houagape, on l'étranglait. Quand on avait volé qu'une pirogue ou une femme, la punition se réduisait à une double amende payée tant au chef qu'à la partie lésée. Si le coupable appartenait à une autre tribu, le crime devenait la source de représailles implacables qui se transformaient en une guerre et se terminaient souvent par la soumission ou l'anéantissement de la peuplade la plus faible. Le crime devenait donc entre les mains de chefs puissants et belliqueux un moyen de susciter des haines profitables à leur ambition et d'établir leur tyrannie sur toute une contrée.”

 

Chapitre VIII: Armes et guerres, casse-tête et sagaie, hache et fronde, déclarations de guerre, oracles, barbarie.

 

Chapitre IX: mort, funérailles, fête mortuaire de Houagape, prise des tabous, pilou-pilou, chute des tabous, fête des Ounouas.

 

Chapitre X: Religion, prêtres et génies, superstitions, spiritisme, médecine et chirurgie.

 

Chapitre XI: Musique, instruments, cris populaires, langue, poésie et poètes, légendes.

Je ne crois pas qu'on puisse trouver parmi toutes les races humaines un peuple moins musicien que les Canaques. (…) Leurs instruments de musique ne servent qu'à faire du bruit et jamais à produire le moindre son mélodieux. Insensibles à toute harmonie, ils entendent chanter à côté d'eux les plus beaux morceaux de nos opéras sans même tourner la tête, si ce n'est quelquefois pour se moquer du musicien.”

L'appareil instrumental répond bien par sa pauvreté à l'indigence des conceptions musicales.”

Dans les fêtes en plein air, le rameau de palmier est remplacé par les deux battoirs en écorce; joignez-y un bambou percé à l'une des extrémités et qui frappé contre terre, rend un bruit sourd et mat, vous aurez l'orchestre canaque au grand complet.”

Flûte: “Quand ils veulent se livrer à des fantaisies purement instrumentales, les Calédoniens ont un roseau d'un mètre de long, que j'hésite à nommer une flûte. Les deux extrémités sont bouchées avec de la résine de kaori, et, tout près de chacune, s'ouvre un trou latéral: de ces deux ouvertures, l'une sert d'embouchure au musicien, qui, de temps à autre, ferme l'autre avec son doigt. On entend d'ici l'effet: un sifflement continu dont la monotonie n'est rompue, de temps à autre, que par les mouvements sans règle de l'instrumentiste.” (p. 206)

S'il y a quelque chose de commun à plusieurs des langues canaques c'est peut-être l'accent, “principalement parmi les peuplades du Centre, les Bayes, les Houagapes, les Gondouens et les Gatopes. Le Nord a le parler sec et cassant assez analogue à celui de gens qui répondent avec mauvaise humeur.”

L'action d'aspirer la fumée d'une pipe sera “OUpie”; celle d'aspirer l'eau d'une source “ondOU”; celle d'aspirer le sucre d'une canne “tiOU” ou bien “tiOUtiOUan”.

La plupart des colons préfèrent employer avec les noirs un jargon compris dans presque toute l'étendue de la côte, une imitation du sabir africain, mélange d'anglais, de français et de canaque qui s'appelle le “biche-la-mare”.

Quoique sauvage, le Canaque est badaud, un rien suffit pour l'amuser, un mot sans idée, une phrase dépourvue de tout sens, un cri poussé dans une fête, deviennent tout de suite à la mode, passent de bouche en bouche et sont répétés pendant 15 jours et souvent plus.”

Quelques légendes seules échappent à l'oubli et sont conservées par la tradition, elles ne manquent pas d'un certain cachet d'originalité.

Chapitre XII: Industrie et commerce, monnaie, perles, poils de roussette, bracelets et haches, nattes et tillits.

 

Chapitre XIII: climat, cultures, caféier et cotonnier, huiles, bois et résines, élevage du bétail.

 

Chapitre XIV: géologie, chaux maigre et grasse, pierres à bâtir, argiles et kaolin, ardoises, houilles et tourbes, fer et autres métaux, législation coloniale, art 2 du titre V, or, pépites, nuggets, filons, carte de 1863, Diahot et poste de Bondé, prospecteurs, ville de Gomen et émigration.

Pierre de corail soumise à l'action de la chaleur fournit une chaux d'une blancheur éclatante et d'une telle consistance, qu'exposée à l'air et mêlée au sable, elle donne un excellent béton.

Pointe de l'Artillerie à Nouméa: carrières de pierre à chaux hydraulique.

Argiles fines sont communes. Nouméa à sa briqueterie qui fournit briques et tuiles en abondance que l'on commence à renoncer aux toits de zinc plus coûteux et trop chaud pour le climat.

Kaolin, terre à porcelaine y est également commun. Des pipes habilement fabriquées par les R-P Maristes d'un grain d'une finesse remarquable et qui semble promettre à l'industrie céramique en Océanie un riche avenir.

Ardoise: abondante mais de mauvaise qualité. L'Etat avait entrepris de rechercher les affleurements les plus riches et de les mettre en exploitation. Première ardoisière: ouverte sur le sommet d'une colline située derrière le poste de Houagape. Des deux chambres de la mine, 40.000 ardoises furent retirées et une montagne de débris feuilletés. En apprenant ce coûteux succès, le Gouverneur envoya un bateau chercher ses ardoises. Le capitaine du navire s'ensabla sur un bas-fond. Il jeta à la mer la cargaison pour s'alléger.

Houille: “l'aspect des affleurements me fait croire qu'il y aurait là les éléments d'une exploitation à entreprendre.”

Fer: existe en abondance sur les plages à l'état pisolithique et oolithique. “Personne n'a encore eu l'idée ou le vouloir d'établir des hauts-fourneaux, et peut-être a-ton bien fait: il faudrait d'immenses capitaux, des établissements considérables pour pouvoir obtenir des produits pouvant faire concurrence aux fers que Sydney livre à si bas prix.”

Article 2, titre V d'un arrêté: “Il est fait réserve au profit du domaine colonial de toutes les mines et houillères, eaux minérales, lacs, étangs, cours d'eau sources et marais de toute espèce qui se trouveraient dans les terrains aliénés sous quelque forme que ce soit. Le propriétaire pourra pourtant en user, tant que l'Etat n'en revendiquera pas la jouissance.” On conviendra que c'est là un singulier mode d'appel et d'encouragement à l'initiative individuelle.

Dès 1853, “mineral-yellow-fever”, quelques pépites dans les rivières de Pouébo, ils baptisèrent tout ce pays des Ouébias du nom de Terre d'or. Le gouvernement local les encouragea dans leur douce folie. Le sol dans toute la région du Nord fût divisé en petits lots qui eussent à peine suffit à construire une case; les rivières elles-même furent distribuées de la même manière. Ces pauvres orpailleurs ne récoltaient pas plus de 30 cg d'or/jour soit un peu moins de 1 fr.

Vers 1863, des recherches sont entreprises pour savoir si l'or pouvait devenir l'objet d'une exploitation productive en NC. Garnier reconnut la couleur de l'or et retrouva les roches, minéraux en général de la terre de l'Australie, de la NZ et de San Francisco.

1869: 4 mineurs anglais frétèrent à Nouméa une petite goélette, “The prospect” et passèrent 4 mois à Pouébo. Ils avaient trouvé 43 g d'or d'une valeur d'environ 130 fr. L'un d'eux a perdu la vie dans le Diahot. Bientôt des machines à broyer le quartz furent dirigées vers Bondé.

Une compagnie vient d'acheter 25.000 ha au Sud de Gomen, près du Cap Devert, à l'Ouest des terrains aurifères pour y fonder une ville nouvelle où d'après les engagements qu'elle a pris avec l'Etat, elle doit créer une maison de banque, installer un service postal, ouvrir des chemins, des routes pour exploiter les mines. Elle doit en outre organiser un service de bateaux à vapeur entre la colonie et la métropole. Le “Beethoven” doit partir du Havre dans les mois prochains.

Le gouvernement colonial avait reconnu que ce qu'il y a de plus fatal à la prospérité d'une colonie naissante, c'est la misère que la plupart des immigrants y apportent et qui, par une conséquence naturelle les y attend.”

Arrêté de 1869 accorde 4 mois de vivres de marin à tout arrivant.

L'unique but que je m'étais proposé en commençant ce petit ouvrage sera suffisamment atteint, si j'ai su attirer un moment l'intérêt du public sur un pays lointain et encore peu connu, (…) si j'ai pu fournir à ceux qui seraient tentés d'aller s'y établir encore, d'utiles indications sur les ressources réelles que leur offre cette terre, abstraction faite de ses nuggets et de ses pépites; et par-dessus tout, si j'ai fait naître l'espérance, non chimérique, d'une fortune rapide pour ceux, qui, avec un capital, si modique qu'il soit, y apporteraient l'amour du travail, l'esprit d'ordre, et ce qui a le plus manqué jusqu'à présent au caractère français, le don de persévérance.”

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